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December 9, 2025

Lever des fonds sans VC en Suisse : Crowdfunding equity, Banques cantonales et Business Angels (2025)

Le guide complet pour les 80% de startups suisses qui ne lèveront pas en Venture Capital
Une entrepreneure suisse souriante est portée en l’air par une foule d’investisseurs lors d’un événement en plein air, illustrant le soutien collectif du crowdfunding pour les PME en Suisse.

Introduction : Vous n’avez pas besoin de VC pour réussir

Si vous lisez des articles sur la levée de fonds, vous avez l’impression qu’il n’existe qu’un seul chemin : lever en Venture Capital.

La réalité suisse est très différente.

80% des entreprises suisses ne lèveront jamais auprès d’un VC. Et ce n’est pas un échec. C’est normal.

Pourquoi ?

  • Votre marché est principalement suisse (9 millions d’habitants)
  • Votre secteur est établi (food, retail, services, industrie)
  • Votre croissance est linéaire (15-30% par an) et non exponentielle
  • Vous voulez garder le contrôle de votre entreprise

La bonne nouvelle : La Suisse dispose d’alternatives de financement solides, rapides et moins dilutives que le VC.

Ce guide vous présente la stratégie complète pour lever CHF 300K-1M en 3-6 mois avec :

  1. Crowdfunding equity (validation marché + fonds propres)
  2. Banques cantonales + cautionnements (dette, moins chère)
  3. Business Angels et Family Offices (complément si besoin)

Résultat typique : CHF 500-800K levés avec seulement 10-20% de dilution (vs 30-40% avec un VC).

1. La stratégie gagnante : Crowdfunding + Banques + BA/FO

Contrairement au VC qui se suffit à lui-même, la stratégie suisse repose sur la combinaison intelligente de plusieurs sources de financement.

Voici comment ça fonctionne :

Le mix optimal : 3 étapes

Étape 1 : Crowdfunding equity (CHF 200-500K)

Objectifs :

  • Lever des fonds propres (equity)
  • Valider votre marché et votre produit
  • Construire une communauté d’ambassadeurs
  • Générer de la visibilité et de la crédibilité

Durée : 2-3 mois (préparation + campagne de 45-60 jours)

Dilution : 10-20%

Étape 2 : Dette bancaire + cautionnement (CHF 200-500K)

Objectifs :

  • Lever de la dette (0% dilution)
  • Profiter de l’effet de levier du succès crowdfunding
  • Obtenir un taux d’intérêt attractif (3-5% en 2025)

Durée : 1-2 mois (parallèle ou juste après le crowdfunding)

Dilution : 0%

Astuce : Les banques cantonales sont beaucoup plus ouvertes après un succès crowdfunding (preuve de marché + fonds propres renforcés).

Étape 3 (optionnelle) : Business Angels ou Family Offices (CHF 100-500K)

Objectifs :

  • Compléter le financement si besoin
  • Bénéficier de l’expertise et du réseau des BA/FO
  • Garder une dilution totale raisonnable

Durée : 2-4 mois

Dilution : 5-15%

Exemple chiffré complet

Objectif de levée : CHF 800K

Mix optimal :

  • Crowdfunding (Oomnium) : CHF 300K – 15% de dilution – Mois 1-3
  • Banque cantonale + cautionnement : CHF 350K – 0% de dilution – Mois 3-4
  • Business Angels (SICTIC) : CHF 150K – 7% de dilution – Mois 4-5

Total : CHF 800K levés, 22% de dilution, en 5 mois.

Comparaison avec un VC :

  • VC Seed : CHF 800K = 25-35% de dilution + 9-12 mois
  • Mix suisse : CHF 800K = 22% de dilution + 5 mois

Avantages du mix suisse :

  • ✅ Moins dilutif (22% vs 30%)
  • ✅ Plus rapide (5 mois vs 12 mois)
  • ✅ Vous gardez le contrôle
  • ✅ Communauté locale engagée
  • ✅ Moins de pression sur la croissance

2. Partie 1 : Le crowdfunding equity en Suisse

2.1. Les plateformes disponibles

Voici les principales plateformes de crowdfunding equity accessibles depuis la Suisse :

Oomnium (Suisse)

Ce que c’est :

La plateforme de crowdfunding equity la plus établie en Suisse romande.

Focus secteurs :

Food & beverage, retail, services, scale-ups locales, impact

Montants typiques :

CHF 200-500K

Ticket minimum investisseur :

CHF 1’000

Commission :

5-7% du montant levé

Exemples de succès :

  • Nikin (mode durable) : CHF 500K levés
  • Vegan Mania (food) : CHF 300K levés
  • Plusieurs autres PME romandes

Pour qui :

Entreprises B2C ou B2B2C avec une forte identité locale suisse romande.

CONDA (Suisse / DACH)

Ce que c’est :

Plateforme DACH (Allemagne, Autriche, Suisse) spécialisée dans les projets tech, green et immobilier.

Focus secteurs :

Tech, greentech, énergies renouvelables, immobilier, santé

Montants typiques :

CHF 100K-1M

Ticket minimum investisseur :

CHF 100-1’000 (selon campagne)

Commission :

5-8% du montant levé

Pour qui :

Entreprises tech ou greentech avec une ambition DACH (pas seulement CH).

Raizers (France / Suisse)

Ce que c’est :

Plateforme française accessible depuis la Suisse, forte communauté franco-suisse.

Focus secteurs :

Immobilier, PME, impact, food, retail

Montants typiques :

CHF 200K-2M

Ticket minimum investisseur :

CHF 100-1’000

Commission :

5-7% du montant levé

Pour qui :

Entreprises avec un marché France + Suisse romande.

Site : www.raizers.com

Seedrs (UK / Europe)

Ce que c’est :

Grande plateforme européenne (UK), accessible depuis la Suisse selon structure juridique.

Focus secteurs :

Tech, SaaS, consumer, global

Montants typiques :

CHF 100-500K

Ticket minimum investisseur :

CHF 10-100

Commission :

6-7.5% du montant levé

Pour qui :

Startups tech avec ambition européenne/globale.

2.2. Comparatif des plateformes et choix

Oomnium :

  • Zone : Suisse
  • Focus : Food, retail, services, local
  • Ticket moyen : CHF 200-500K
  • Commission : 5-7%
  • Communauté : forte, locale CH-FR
  • Pour qui : B2C local avec identité suisse romande forte

CONDA :

  • Zone : Suisse / DACH
  • Focus : Tech, green, immobilier
  • Ticket moyen : CHF 100K-1M
  • Commission : 5-8%
  • Communauté : large (DACH)
  • Pour qui : Tech/green avec ambition DACH

Raizers :

  • Zone : France / Suisse
  • Focus : Immobilier, PME, impact
  • Ticket moyen : CHF 200K-2M
  • Commission : 5-7%
  • Communauté : très large (France)
  • Pour qui : Marché franco-suisse

Seedrs :

  • Zone : UK / Europe
  • Focus : Tech, SaaS, consumer
  • Ticket moyen : CHF 100-500K
  • Commission : 6-7.5%
  • Communauté : très large (Europe)
  • Pour qui : Tech avec ambition européenne

Comment choisir ?

  • ✅ Marché CH romande, B2C local → Oomnium
  • ✅ Tech/green avec ambition DACH → CONDA
  • ✅ Marché France + Suisse → Raizers
  • ✅ Tech avec ambition européenne → Seedrs

2.3. Quand le crowdfunding equity a-t-il du sens ?

Le crowdfunding equity fonctionne bien si :

  • ✅ Vous avez une marque reconnue ou une forte identité locale
  • ✅ Vous opérez en B2C ou B2B2C (pas du pur B2B enterprise)
  • ✅ Vous avez déjà une traction initiale (CA, clients, communauté)
  • ✅ Vous êtes capable de raconter une histoire engageante
  • ✅ Vous avez (ou pouvez construire) une base de prospects (500-1’000 contacts)
  • ✅ Vous êtes prêt à investir du temps marketing pendant 2-3 mois

Le crowdfunding fonctionne moins bien si :

  • ❌ Vous êtes en pure B2B enterprise (difficile d’engager une communauté)
  • ❌ Vous n’avez aucune traction (pas de CA, pas de clients)
  • ❌ Votre produit/service est complexe à expliquer
  • ❌ Vous n’avez pas de temps pour le marketing de campagne

2.4. Comment préparer une campagne crowdfunding réussie

Une campagne réussie se prépare 2-3 mois avant le lancement.

Voici la checklist complète :

Phase 1 : Préparation (2 mois avant)

1. Construire votre base de prospects (500-1’000 contacts)

C’est l’élément #1 du succès. Sans base, pas de campagne réussie.

Comment construire votre base :

  • Newsletter sur votre site (popup, formulaire)
  • Réseaux sociaux (LinkedIn, Instagram, Facebook)
  • Événements locaux (networking, salons, marchés)
  • Partenaires et ambassadeurs
  • Clients existants

Objectif : 500-1’000 emails avant le lancement

2. Identifier vos ambassadeurs (10-20 personnes)

Les ambassadeurs sont des personnes influentes dans votre réseau qui vont promouvoir activement votre campagne.

Qui sont-ils :

  • Clients fidèles
  • Entrepreneurs locaux
  • Influenceurs de niche
  • Partenaires commerciaux
  • Amis/famille bien connectés

Ce qu’ils feront :

  • Partager votre campagne sur leurs réseaux
  • Envoyer des emails à leur réseau
  • Organiser des événements de soutien

Objectif : 10-20 ambassadeurs confirmés avant le lancement

3. Préparer votre matériel de campagne

Vidéo pitch (2-3 minutes) :

  • Vous, fondateur, qui présentez votre projet
  • Montrer le produit/service en action
  • Témoignages clients
  • Appel à l’investissement

Conseil : Faites simple et authentique. Pas besoin d’un studio hollywoodien. Une vidéo iPhone bien filmée fonctionne très bien.

Business plan (10-15 pages) :

  • Executive summary
  • Marché et positionnement
  • Modèle économique
  • Traction et preuves
  • Plan financier 24 mois
  • Équipe
  • Utilisation des fonds

Visuels :

  • Photos produit/équipe
  • Infographies (marché, traction, utilisation des fonds)
  • Logo haute résolution

4. Définir votre objectif et votre valorisation

Montant cible :

CHF 200-500K (sweet spot pour une première campagne)

Valorisation :

Soyez réaliste. En crowdfunding, les investisseurs particuliers sont moins pointilleux que les VC, mais une valorisation trop élevée fera fuir.

Règle d’or :

  • Si CA < CHF 500K : valorisation 2-4x le CA
  • Si CA > CHF 500K : valorisation 1.5-3x le CA

Exemple :

  • CA actuel : CHF 800K
  • Valorisation pre-money : CHF 2M (2.5x CA)
  • Montant levé : CHF 300K
  • Valorisation post-money : CHF 2.3M
  • Dilution : 13%

Phase 2 : Lancement de campagne (45-60 jours)

Jour 1 : L’annonce

Objectif : Atteindre 20-30% de l’objectif en 48h (signal fort)

Actions :

  • Email à toute votre base (500-1’000 contacts)
  • Posts sur tous vos réseaux sociaux
  • Ambassadeurs activés
  • Communiqué de presse (médias locaux)

Conseil : Les premières 48h sont critiques. Un démarrage fort crée un effet momentum.

Semaine 1-2 : Le momentum

Objectif : Atteindre 50-60% de l’objectif

Actions :

  • Email hebdomadaire à la base (updates, milestones)
  • Posts quotidiens sur réseaux sociaux
  • Relances personnalisées aux prospects chauds
  • Événements locaux (apéro investisseurs, portes ouvertes)

Semaine 3-6 : Le sprint final

Objectif : Atteindre 100% et activer le stretch goal

Actions :

  • Email de relance “derniers jours”
  • Célébrer les milestones (75%, 90%, 100%)
  • Activer le stretch goal si objectif atteint
  • Mobiliser les derniers hésitants

Stretch goal : Si vous atteignez votre objectif avant la fin, proposez un stretch goal (objectif bonus). Exemple : « Si on atteint CHF 400K, on ouvre un deuxième point de vente. »

Fin de campagne : Le closing

Actions :

  • Remercier TOUS les investisseurs individuellement
  • Communiqué de presse sur le succès
  • Préparer le reporting post-campagne

Phase 3 : Après la campagne

1. Mise en place du reporting trimestriel

Les investisseurs crowdfunding attendent des nouvelles régulières.

Format : Email trimestriel (1-2 pages)

Contenu :

  • Résultats financiers (CA, marge, trésorerie)
  • Avancement des projets
  • Prochaines étapes
  • Célébration des succès

2. Activation de la communauté

Vos investisseurs sont vos meilleurs ambassadeurs.

Comment les activer :

  • Avant-premières produits
  • Événements VIP
  • Programme ambassadeurs/parrainage
  • Solliciter leur feedback

2.5. Avantages et limites du crowdfunding equity

Avantages

  • ✅ Rapidité : 3-4 mois vs 9-12 mois pour un VC
  • ✅ Validation marché : preuve que votre projet intéresse
  • ✅ Communauté engagée : 50-200 investisseurs = ambassadeurs
  • ✅ Marketing & visibilité : exposition médiatique locale
  • ✅ Effet de levier bancaire : les banques aiment voir un succès crowdfunding
  • ✅ Moins dilutif : 10-20% vs 25-40% avec un VC

Limites

  • ❌ Effort marketing important : 2-3 mois de travail intensif
  • ❌ Beaucoup d’actionnaires : 50-200 personnes à gérer
  • ❌ Reporting régulier : communication trimestrielle obligatoire
  • ❌ Risque d’échec public : si campagne échoue, c’est visible
  • ❌ Gouvernance complexifiée : AG avec 100+ actionnaires

3. Partie 2 : Le financement bancaire + cautionnement

3.1. Pourquoi combiner crowdfunding et dette bancaire ?

L’équation est simple :

  • Crowdfunding = fonds propres (equity) → dilution
  • Dette bancaire = prêt à rembourser → 0% dilution

En combinant les deux, vous maximisez le capital levé tout en minimisant la dilution.

Exemple :

  • Scénario 100% crowdfunding : CHF 500K levés = 25% de dilution
  • Scénario 100% dette : CHF 500K → souvent impossible (pas assez de fonds propres)
  • Scénario mix : CHF 300K crowdfunding + CHF 200K dette = CHF 500K avec 15% de dilution

Le mix est optimal.

3.2. Les banques cantonales suisses

Les banques cantonales sont souvent plus accessibles que les banques privées pour les PME et startups.

Principales banques cantonales :

  • BCV (Banque Cantonale Vaudoise)
  • BCGE (Banque Cantonale de Genève)
  • BCN (Banque Cantonale Neuchâteloise)
  • BCBE (Banque Cantonale de Berne)
  • BEKB (Berner Kantonalbank)

Montants typiques :

CHF 100-500K (parfois plus selon garanties et traction)

Taux d’intérêt (2025) :

3-5% selon profil de risque

Durée :

3-7 ans

Garanties demandées :

  • Cautionnement (Cautionnement Romand, SAFFA) : couvre 50-80% du prêt
  • Parfois nantissement sur actifs (stocks, équipements)
  • Rarement caution personnelle si cautionnement solide

3.3. Les cautionnements : mode d’emploi

Un cautionnement est une garantie qui couvre une partie de votre prêt bancaire (typiquement 50-80%). Cela rassure la banque et facilite l’octroi du crédit.

Cautionnement Romand (Suisse romande)

  • Organisation de cautionnement mutuel pour les PME romandes
  • Cantons couverts : Vaud, Genève, Neuchâtel, Fribourg, Valais, Jura
  • Montant max : CHF 500K par entreprise
  • Taux de couverture : jusqu’à 80% du prêt
  • Coût : 1-2% par an du montant cautionné
  • Pour qui : PME romandes avec un projet solide mais manquant de garanties personnelles

SAFFA (National)

  • Société d’aval pour l’artisanat et le commerce, couvre toute la Suisse
  • Montant max : CHF 500K par entreprise
  • Taux de couverture : jusqu’à 80% du prêt
  • Coût : 1-2.5% par an
  • Pour qui : PME suisses dans les secteurs artisanat, commerce, services

BG Mitte (Suisse centrale et alémanique)

  • Cautionnement pour la Suisse centrale et alémanique
  • Cantons couverts : Berne, Lucerne, Zoug, etc.

3.4. Le dossier bancaire type

Les banques cantonales attendent typiquement :

Business plan (10-15 pages) :

  • Executive summary
  • Présentation de l’entreprise et de l’équipe
  • Marché et positionnement
  • Modèle économique
  • Traction et preuves (CA, clients, croissance)
  • Plan financier 24 mois (P&L, trésorerie)
  • Utilisation des fonds demandés
  • Garanties proposées

Preuves de traction :

  • Succès crowdfunding : montant levé, nombre d’investisseurs
  • CA actuel et prévisionnel
  • Clients existants : références, contrats
  • Pipeline commercial : prospects, devis en cours

Documents financiers :

  • Bilans des 2-3 dernières années (si existants)
  • Derniers comptes (P&L, bilan, trésorerie)
  • Prévisionnel financier 24 mois (P&L mensuel, cash flow, bilan)

Garanties :

  • Dossier de cautionnement (Cautionnement Romand / SAFFA)
  • Nantissement sur actifs si pertinent (stocks, équipements)
  • Caution personnelle (rarement demandée si cautionnement solide)

3.5. Timeline et process bancaire

Étape 1 : Premier contact (1-2 semaines)

  • Rendez-vous avec votre conseiller bancaire
  • Présentation de votre projet
  • Discussion préliminaire sur faisabilité

Étape 2 : Dépôt du dossier (2-4 semaines)

  • Constitution du dossier complet
  • Dépôt auprès de la banque

Étape 3 : Analyse et décision (2-4 semaines)

  • Analyse par le comité de crédit
  • Questions / compléments éventuels
  • Décision finale

Étape 4 : Signature et déblocage (1-2 semaines)

  • Signature du contrat de prêt
  • Signature de la garantie cautionnement
  • Déblocage des fonds

Timing total : 2-4 mois (6-10 semaines en moyenne)

4. Partie 3 : Business Angels et Family Offices

4.1. Quand faire appel aux BA et FO ?

Les Business Angels (BA) et Family Offices (FO) interviennent généralement en complément du crowdfunding et de la dette bancaire.

Cas typiques :

  • Vous avez levé CHF 300K en crowdfunding + CHF 200K en dette, mais il vous manque CHF 200K
  • Vous voulez bénéficier de l’expertise et du réseau de BA/FO expérimentés
  • Vous cherchez des investisseurs long terme moins pressants qu’un VC
  • Votre secteur nécessite un accompagnement spécifique (tech, medtech, greentech)

4.2. Business Angels suisses

SICTIC (Swiss ICT Investor Club)

  • Plus grand club de Business Angels suisses spécialisé dans les technologies de l’information
  • Montants typiques : CHF 200-500K (syndication de plusieurs BA)
  • Secteurs : tech, digital, SaaS, fintech
  • Process : dossier en ligne, pitch, due diligence légère, syndication
  • Timing : 3-6 mois

SITM (Swiss Institute of Technology Management)

  • Club de BA orienté deeptech et sciences
  • Secteurs : deeptech, medtech, biotech, sciences
  • Pour qui : startups issues de la recherche (EPF, universités)

Business Angels locaux (informels)

De nombreux BA opèrent de manière informelle en Suisse romande et alémanique.

Comment les trouver :

  • Réseaux d’entrepreneurs (événements, associations, Swiss Startup Association, etc.)
  • Programmes d’incubation (Genilem, Fongit, Venture Kick, FIT)
  • Recommandations d’autres entrepreneurs ou advisors

Tickets typiques : CHF 50-200K par BA (souvent 2-3 BA ensemble).

4.3. Family Offices suisses

La Suisse compte plusieurs centaines de Family Offices, mais ils sont discrets.

Montants typiques : CHF 250K-5M

Timing : 3-6 mois (parfois plus)

FO genevois :

  • Focus : impact, luxe, food premium, santé, industrie
  • Approche : plus patrimoniale, long terme
  • Dilution : souvent moins agressive qu’un VC

FO alémaniques :

  • Focus : tech, deeptech, climat, industrie 4.0
  • Approche : plus proche du VC
  • Dilution : variable

Accès :

  • Via des advisors spécialisés (avocats, banquiers privés, consultants M&A)
  • Recommandations d’autres entrepreneurs
  • Programmes comme Venture Kick, FIT
  • Événements high-net-worth

4.4. Avantages et limites des BA/FO

Avantages :

  • ✅ Expertise et réseau
  • ✅ Vision long terme
  • ✅ Flexibilité (moins de clauses complexes qu’un VC)
  • ✅ Relations personnelles

Limites :

  • ❌ Process moins structuré, décisions plus longues
  • ❌ Moins de follow-on possible
  • ❌ Gouvernance variable (certains BA très impliqués, d’autres peu)

5. La stratégie séquentielle recommandée

Timeline complète (5-6 mois)

Mois 1-2 : Préparation

  • Construire la base de prospects (500-1’000 emails)
  • Identifier les ambassadeurs (10-20)
  • Préparer le matériel (vidéo, business plan, visuels)
  • Démarrer les discussions avec banques

Mois 2-3 : Campagne crowdfunding

  • Lancement campagne (jour 1 : push massif)
  • Semaine 1-2 : momentum (50-60% de l’objectif)
  • Semaine 3-6 : sprint final (100% + stretch goal)
  • Finaliser dossier bancaire pendant la campagne

Mois 3-4 : Dette bancaire

  • Dépôt dossier bancaire (avec preuve succès crowdfunding)
  • Analyse et décision banque
  • Signature contrat + cautionnement
  • Déblocage fonds

Mois 4-6 : BA/FO (si besoin)

  • Approche BA via SICTIC ou réseau
  • Présentation pitch
  • Due diligence légère
  • Closing

Exemple de résultat :

  • Crowdfunding : CHF 300K (15% de dilution)
  • Dette bancaire : CHF 300K (0% de dilution)
  • BA : CHF 150K (7% de dilution)
  • Total : CHF 750K, 22% de dilution, 6 mois.

6. Les erreurs à éviter

Erreur #1 : Lancer une campagne crowdfunding sans communauté

Le piège :

  • « Lancer une campagne en pensant que les gens vont venir. »

La réalité :

  • 80% du succès vient de votre base existante. Sans base, pas de campagne réussie.

Solution :

  • Construire une base email solide avant de lancer.

Erreur #2 : Valorisation trop élevée

Le piège :

  • « Je veux lever CHF 500K pour seulement 10% → valorisation CHF 5M. »

Pourquoi c’est une erreur :

  • En crowdfunding, les investisseurs particuliers sont moins pointilleux que les VC, mais une valorisation déraisonnable fera fuir.

Solution :

  • Soyez réaliste. Règle d’or : 1.5-3x votre CA actuel.

Erreur #3 : Sous-estimer l’effort marketing

Le piège :

  • « Je lance la campagne et je retourne à mes opérations. »

La réalité :

  • Une campagne crowdfunding demande un effort quasi full-time pendant 2 mois (CEO + 1 personne).

Solution :

  • Prévoyez du temps. Idéalement : CEO + 1 personne dédiée à la campagne.

Erreur #4 : Négliger le reporting post-campagne

Le piège :

  • « J’ai levé, maintenant je peux oublier mes investisseurs. »

La réalité :

  • Vos investisseurs crowdfunding attendent des nouvelles régulières. Si vous ne communiquez pas, ils deviennent des détracteurs.

Solution :

  • Email trimestriel (1-2 pages) avec résultats et prochaines étapes.

Erreur #5 : Approcher la banque trop tard

Le piège :

  • « Je vais d’abord finir ma campagne crowdfunding, puis j’irai voir la banque. »

La réalité :

  • Le process bancaire prend 2-4 mois. Si vous attendez la fin de votre campagne, vous perdez 2 mois.

Solution :

  • Démarrez les discussions bancaires pendant votre campagne crowdfunding (mois 2).

Erreur #6 : Ne pas solliciter de cautionnement

Le piège :

  • « Je vais voir ma banque directement sans cautionnement. »

La réalité :

  • Sans cautionnement, la banque va soit refuser, soit demander des garanties personnelles lourdes.

Solution :

  • Passez toujours par un cautionnement (Cautionnement Romand, SAFFA).

7. Cas pratiques

Cas #1 : Startup food B2C (Suisse romande)

Profil :

  • Secteur : food & beverage durable
  • CA actuel : CHF 400K
  • Objectif : ouvrir 2 nouveaux points de vente
  • Besoin : CHF 600K

Stratégie choisie :

Crowdfunding (Oomnium) + banque cantonale + BA

Exécution :

  • Mois 1-2 : préparation
    • Base email : 850 contacts
    • 15 ambassadeurs
    • Vidéo + business plan
    • Premier contact BCV
  • Mois 2-3 : campagne Oomnium
    • Objectif : CHF 300K
    • Résultat : CHF 350K (117% de l’objectif)
    • Dilution : 16%
    • 142 investisseurs
  • Mois 3-4 : dette BCV + Cautionnement Romand
    • Dépôt dossier avec preuve succès Oomnium
    • Cautionnement Romand : 70% du prêt
    • Prêt obtenu : CHF 250K sur 5 ans à 4.2%
    • Dilution : 0%
  • Mois 5 : complément BA
    • Approche de 3 BA via réseau Genilem
    • 2 BA intéressés (ex-entrepreneurs food)
    • Montant : CHF 100K (CHF 50K chacun)
    • Dilution : 4%

Résultat final :

  • Total levé : CHF 700K
  • Dilution totale : 20%
  • Durée : 5 mois

VS VC hypothétique :

  • CHF 700K en VC = 30-35% de dilution + 12 mois

Cas #2 : Startup tech B2B (Suisse romande + DACH)

Profil :

  • Secteur : SaaS B2B (gestion de projets)
  • CA actuel : CHF 200K ARR
  • Objectif : développer la V2 + expansion DACH
  • Besoin : CHF 800K

Stratégie choisie :

Crowdfunding (CONDA) + SICTIC + FIT Seed

Exécution :

  • Mois 1 : préparation
    • FIT Seed : CHF 100K (non dilutif)
    • Base : 600 contacts (clients + prospects B2B)
    • 10 clients champions
  • Mois 2-3 : campagne CONDA
    • Objectif : CHF 400K
    • Résultat : CHF 450K
    • Dilution : 18%
    • Mix investisseurs : particuliers DACH + institutionnels
  • Mois 4-5 : SICTIC
    • Pitch devant SICTIC
    • 4 BA intéressés
    • Montant : CHF 250K
    • Dilution : 10%

Résultat final :

  • Total levé : CHF 800K
  • Dilution totale : 28%
  • Durée : 5 mois

Composition :

  • FIT Seed : CHF 100K (0% dilution)
  • CONDA : CHF 450K (18% dilution)
  • SICTIC : CHF 250K (10% dilution)

Cas #3 : PME industrielle (expansion capacité de production)

Profil :

  • Secteur : industrie (manufacturing premium)
  • CA actuel : CHF 3M
  • Objectif : acheter de nouvelles machines
  • Besoin : CHF 500K

Stratégie choisie :

Banque cantonale + SAFFA (pas de crowdfunding)

Pourquoi pas de crowdfunding ?

  • Le secteur B2B industriel se prête mal au crowdfunding (difficile d’engager une communauté).

Exécution :

  • Mois 1 : préparation dossier
    • Business plan
    • Prévisionnel 24 mois
    • Devis machines
  • Mois 2-3 : process bancaire
    • Dépôt dossier BCGE
    • Demande cautionnement SAFFA (80% du prêt)
    • Décision positive

Résultat :

  • Prêt obtenu : CHF 500K sur 7 ans à 3.8%
  • Cautionnement SAFFA : CHF 400K (80%)
  • Dilution : 0%
  • Durée : 3 mois

Leçon :

  • Pour une PME avec traction solide (CHF 3M CA), la dette bancaire pure est souvent la meilleure option.

8. FAQ : Levée sans VC en Suisse

« Le crowdfunding, c’est sérieux ou c’est gadget ? »

C’est très sérieux.

En 2023, plus de CHF 50 millions ont été levés en crowdfunding equity en Suisse (Swiss Crowdfunding Report 2024). Des entreprises comme Nikin, Vegan Mania, etc. ont levé CHF 300-500K et se développent bien.

Le crowdfunding n’est pas un gadget. C’est une alternative viable au VC pour les entreprises locales avec une forte identité.

« Combien d’investisseurs vais-je avoir après une campagne ? »

Typiquement 50-200 investisseurs.

Exemple :

  • Campagne CHF 300K
  • Ticket moyen : CHF 2’000
  • Nombre d’investisseurs : ~150

Gestion :

  • La plateforme gère la partie administrative. Vous communiquez via un reporting régulier.

« Les banques cantonales sont-elles ouvertes aux startups ? »

Oui, mais avec conditions :

  • Traction (CA, clients)
  • Fonds propres (idéalement après un crowdfunding)
  • Cautionnement (Cautionnement Romand, SAFFA)
  • Projet compréhensible (secteur connu)

Ne leur proposez pas un projet 100% tech sans CA. En revanche, avec CHF 400K de CA + succès crowdfunding, vos chances sont bonnes.

« Quel est le coût réel d’une levée sans VC ? »

Coûts directs :

  • Commission plateforme crowdfunding : 5-8% du montant levé (par ex. CHF 15-24K pour CHF 300K)
  • Frais légaux (statuts, augmentation capital) : CHF 3-8K
  • Cautionnement : 1-2% du montant cautionné par an (par ex. CHF 3-6K/an pour CHF 300K)
  • Intérêts bancaires : 3-5% par an (par ex. CHF 12K/an pour CHF 300K sur 5 ans)
  • Advisor/CFO externe (optionnel) : CHF 5-15K

Total one-shot : environ CHF 25-50K

Total annuel récurrent : CHF 15-25K (cautionnement + intérêts)

Comparaison VC :

  • Coût direct VC : CHF 10-30K (frais légaux)
  • Coût indirect VC : 30-40% de dilution (vs 10-20% en crowdfunding)

Le crowdfunding a des coûts directs plus élevés, mais une dilution plus faible.

« Puis-je lever en crowdfunding si je n’ai pas encore de CA ? »

Difficile, mais pas impossible.

Le crowdfunding fonctionne mieux si vous avez :

  • CA existant (même modeste)
  • Clients existants
  • Communauté engagée

Sinon, vos chances sont faibles.

Alternatives :

  • Pré-vente (Kickstarter, Ulule)
  • Levée auprès de BA/FO/F&F
  • Crowdfunding plus tard, une fois la traction prouvée

« Quelle plateforme choisir : Oomnium, CONDA, Raizers ou Seedrs ? »

En résumé :

  • B2C local, Suisse romande, forte identité locale → Oomnium
  • Tech/Green avec ambition DACH → CONDA
  • Marché France + Suisse → Raizers
  • Tech avec ambition européenne/globale → Seedrs

Rencontrez les équipes avant de choisir. Le fit humain compte.

« Combien de temps après ma campagne crowdfunding puis-je approcher une banque ? »

Immédiatement.

Timeline optimale :

  • Mois 2 de campagne : premier contact banque
  • Fin de campagne : dépôt dossier avec preuve du succès
  • Mois 4-5 : décision et déblocage

Si vous attendez la fin de campagne pour contacter la banque, vous perdez 1-2 mois.

« Les Business Angels suisses investissent-ils vraiment ? »

Oui.

Selon le Swiss Venture Capital Report 2024, les BA ont investi CHF 180 millions en 2023 en Suisse.

Ils sont discrets, privilégient les introductions chaleureuses et investissent souvent en groupe.

Accès :

  • SICTIC pour la tech
  • Programmes (Genilem, Fongit, Venture Kick)
  • Recommandations d’autres entrepreneurs

9. Conclusion : Vous n’avez pas besoin de VC pour réussir

Résumons :

  • 80% des entreprises suisses ne lèveront jamais en VC. Et c’est OK.
  • La stratégie locale suisse (Crowdfunding + Banques + BA/FO) est :
    • ✅ Plus rapide (3-6 mois vs 9-12 mois)
    • ✅ Moins dilutive (15-25% vs 30-40%)
    • ✅ Plus accessible (pas besoin d’hypercroissance)
    • ✅ Vous gardez le contrôle

Mix optimal typique :

  • Crowdfunding : CHF 200-500K, 10-20% de dilution
  • Banque cantonale + cautionnement : CHF 200-500K, 0% de dilution
  • BA/FO (si besoin) : CHF 100-500K, 5-15% de dilution

Résultat : CHF 500-1M levés en 3-6 mois avec 15-25% de dilution.

Clés du succès :

  • Construire une communauté avant de lancer
  • Identifier vos ambassadeurs
  • Préparer un dossier solide
  • Démarrer les discussions bancaires pendant la campagne
  • Communiquer régulièrement avec vos investisseurs

Le VC n’est pas le chemin par défaut. C’est un chemin parmi d’autres.

Choisissez le parcours adapté à votre profil, pas le parcours “à la mode”.

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Diagnostic gratuit (30 minutes) :

  • Valider que le parcours « crowdfunding + banques » est adapté à votre profil
  • Estimer le montant réaliste à lever
  • Identifier la plateforme crowdfunding optimale
  • Évaluer votre préparation actuelle

Accompagnement complet :

  • Préparation campagne crowdfunding : business plan, vidéo, stratégie marketing
  • Construction de la base : stratégie d’acquisition de prospects
  • Dossier bancaire : business plan, prévisionnel, dossier cautionnement
  • Mise en relation : BA, FO, banques cantonales

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